Cantatrice chauve à cheveux... Passe-temps : respirer, chasser l'oiseau pélagique, savourer la fraîcheur du premier verre d'eau le matin, la chaleur du dernier baiser le soir...
Oui oui oui, je le dis comme je le pense... Il y a Urgence ! - C'est vrai Jadice, y'a la nouvelle saison qui commence sur F2 ? - Mais non, pfff... ces accrocs de la télé je vous jure... !!!
Bref, il y a urgence. Je suis pas allée le chercher genre midi à 14h, au lac de Paladru, pire dans notre petit écran instructif ou dans le trou du cul d'un coléoptère, mais directement à la source, donc aux Urgences. Je n'étais pas là pour moi mais j'y étais, dans ce grand hôpital parisien, section "faut faire vite" en bas à gauche (comme les toilettes dans les cafés !).
Au début on ne se rend pas bien compte, on est tout perturblifié par la situation, on a déjà du mal à trouver une place assise. Tiens en voilà une à côté de la machine à café, bien sale d'ailleurs... Un inconnu a laissé un dessin sur le côté à base d'une "peinture" blanchâtre genre maillonnaise (du moins je l'espère). Je vous le dis car je l'ai eu devant les yeux pendant des heures... Et puis, pour tout vous dire, même après avoir pu s'assoir, on n'a pas vraiment l'impression d'avoir sa place. On est là, au milieu de dizaines de personnes, certaines mal en point, d'autres qui les accompagnent, tout le monde fait la gueule, parle fort, marmonne des litanies inconnues...
Me voilà donc dans un coin sur cette chaise, et je commence à vraiment regarder. Remarquez, j'ai eu le temps, on peut pas dire que ce soit super rapide... Et je vais mettre à part tout de suite le genre de personnes que l'on peut rencontrer dans ce genre d'endroit durant la nuit (les SDF et autres psychotiques font bien souvent mal au coeur mais ils ne me dérangent pas), je ferai fi également du personnel de l'hôpital qui fait vraiment ce qu'il peut (même si c'est pas toujours sur le bon ton ou en prenant bien le temps de tout expliquer). Non ce qui m'a choqué c'est la vétusté des locaux et la saleté de la salle... le tout dans un froid sybérien. Alors si vous vous cassez la jambe pendant le mois d'avril, tout va bien, mais pour un peu que vous n'ayez pas de bol et que vous attrapiez des coliques néphrétiques en plein mois de février ou août d'ailleurs, c'est la mort pour celui ou celle qui vous accompagne... Non je vous dit ça pour tout ceux qui pourraient un jour vous accompagner, pensez à eux quoi ! Ils sont déjà bien gentils de ne pas vous avoir laissé devant la porte en vous souhaitant bonne chance !
Et puis, comme on attend pendant des heures, on a le temps d'avoir envie de faire pipi. Parce que vu l'état des toilettes, il est clair comme de l'eau de roche que vous n'aurez pas envie de faire caca ! Ou alors c'est que vous avez avalé un truc pas cool (ce qui est encore possible) et là vous avez la chcoumoune, c'est roquichignole ! Bah oui, les toilettes d'abord ne ferment pas, c'est bien connu on vient à plusieurs pour faire la fête dans ce genre d'endroit, donc on demande à quelqu'un qu'on connaît pas de tenir la porte... Et puis munissez-vous de mouchoirs, mais ça encore vous auriez dû y penser, on est quand même en France donc du PQ y'en a jamais. Ensuite il y a pas de lumière, cela aurait été trop simple... Résultat des courses, je ne vous parle pas des odeurs, de la flaque sous les pieds (ah oui pas de pantalon trop long pour pas que ça patauge dedans), et de la peur qui vous tenaille que Robert (imbibé à l'alcool à 90° et dégoûlinant de sang du lobe temporal droit) de la tente numéro 659 ne vienne pas vous bousculer pour prendre votre place sans attendre son tour...
Je vous ai parlé des murs, qui s'écaillent comme un oeuf trop cuit, tachés de différentes substances de toutes les couleurs ? Non ?
Et le sol, je vous ai décrit le sol avec tous ses petits habitants ? Non ?
Bref, je ne sais où je me serais cru, mais pas dans un hôpital, encore moins dans un pays dit développé, ça ne m'étonne pas que les maladies nosocomiales aillent bon train !!!
Alors j'irai pas plus loin dans la description, vous aurez compris... Mais par pitié, je crois au fond que la propreté est due à ceux et celles qui passent la serpillère, mais aussi à tous... Ca devient un peu grave de voir combien tout est crade partout... Alors je dirai juste et très simplement, jetons dans les poubelles, crachons dans le lavabo (si vraiment on est malade), visons droit en pissant et lavons-nous les mains...
C'est tout bête, mais il faut tous qu'on le fasse...