
"Bleu qui vole"... Il a dit "Toi, tu t'appelles Bleu qui vole." D'où il l'a sorti ? Ce petit bout qui pouvait pas prononcer mon nom a tranché d'un geste de la main. Pourquoi ce surnom ? Pourquoi pas "lunettes sur le nez" ou "grosses boucles d'oreilles" comme les autres ? Non, pour moi il a décidé après mûre réflexion que je porterai dorénavant "Bleu qui vole" : une main droite qui se plit, le pouce à l'intérieur et s'envole...
C'est pas tout. On m'appelle aussi "Blue", comme les yeux des femmes que j'ai aimé ou l'eau qui coula des miens quand elles m'ont quittée. "Blue", comme ma Lady d'un "Grand Bleu" qui s'est posé sur mon horizon.
Bleu, c'est sans doute mieux, pour raconter les mots d'une plume ; pour conter l'envol de ma carcasse sous l'aile bienfaisante de mes maux.
Bleu, l'encre du ciel est froide et parfois même glacée. Mais je dois avouer qu'il est doux de se mouiller l'âme de notes bleues.
Mais enfin, pourquoi me coller des bleus ?